• ⇒Policiers malades, professeurs à l'arrêt, produits consignés : l'air de Rouen n'est «pas en cause» ?

    Pendant que les symptômes inquiétants s'accumulent dans la métropole rouennaise, Edouard Philippe s'est rendu sur place et a déclaré que l'air n'était «pas en cause». Peu convaincus, des députés d'opposition réclament une commission d'enquête.

    Policiers malades, professeurs à l'arrêt, produits consignés : l'air de Rouen n'est «pas en cause» ?© LOU BENOIST Source: AFP
    Edouard Philippe en déplacement à Rouen le 30 septembre 2019.
     

     

     

    Quatre jours après l'incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, site classé Seveso, le Premier ministre Edouard Philippe s'est rendu sur place ce 30 septembre et a répondu aux médias concernant la qualité de l'air de la métropole.

    Evoquant les odeurs constatées par la population ainsi que les récentes analyses dont il explique avoir eu connaissance, le chef du gouvernement a alors affirmé que l'air n'était «pas en cause». «Les odeurs sont effectivement très dérangeantes, très pénibles à supporter, elles peuvent entraîner un certain nombre de réactions, mais elles ne sont pas nocives», a-t-il déclaré, laissant certains journalistes pour le moins circonspects. «Il y a des gens qui sont malades ce soir, [il y en a qui] sont pris de vomissements, de diarrhées, de maux de tête», lui répond en effet l'un d'entre eux.

    En tout état de cause, l'accumulation de certains symptômes dans la région rouennaise n'est pas pour rassurer la population.

    Policiers en arrêt maladie, signes inquiétants dans des collèges, produits alimentaires consignés...

    Toujours le 30 septembre, le syndicat Alternative police CFDT a rapporté que plusieurs policiers affectés à la brigade de nuit et à la compagnie départementale d’intervention de Rouen, primo‐intervenants sur l’incendie dès 2h30 du matin, étaient «actuellement en arrêt maladie pour des nausées, vomissements et vertiges».

    En outre, le même jour, on apprenait l'existence de signes inquiétants dans certains établissements scolaires de Rouen. «Ça sentait mauvais dans le hall et dans les salles. Des collègues et des enfants avaient des maux de tête ce matin», a par exemple confié un professeur du collège Fontenelle cité par Ouest France. «[Des professeurs auraient exercé leur] droit de retrait dans d’autres établissements de l’agglomération», précise le quotidien régional.

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     Le 29 septembre déjà, la préfecture de Seine-Martime demandait que soient «consignés jusqu'à l'obtention de garanties sanitaires», le lait collecté issu d'élevages dont les vaches étaient au pâturage, les œufs des élevages de plein air et le miel collecté depuis le 26 septembre. Selon France bleu Normandie, le panache de fumée et de suie qui s'est formé après l'incendie de l'usine Lubrizol «a pu toucher 112 communes du département».

    Comme le rapporte une journaliste de 20 Minutes qui a interrogé des agriculteurs de la région, beaucoup d’entre eux, qui ont déjà eu à subir «des tracas et des pertes liés à la sécheresse de cette année», s'inquiètent de la question du montant des préjudices et s'interrogent sur les indemnisations. «Ils nous imposent plein de choses sur le principe de précaution, c’est logique : on est là pour nourrir les gens, pas pour les empoisonner ! Mais on subit un préjudice pour lequel on est en aucun cas responsables, et ce que demande l’administration représente des coûts», explique par exemple Jocelyn Pesqueux, président de la section laitière (FDSEA) de Seine-Maritime, cité par le quotidien.

    L'opposition politique favorable à une commission parlementaire

    Alors que, dès le 26 septembre, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner déclarait qu'«il n'y avait pas d'élément qui permette de penser qu'il y a[vait] un risque lié aux fumées», plusieurs élus et responsables politiques n'ont pas tardé à commenter l'évolution de la situation, reprochant à l'exécutif des propos incohérents sur l'absence de risques de nocivité.

    A l'antenne de France inter ce 1er octobre, l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho a par exemple reproché au gouvernement son «empressement» à dire que la situation était sans gravité. «Des vomissements et des nausées, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche», a-t-elle commenté, estimant que «la transparence dans la gravité des informations construi[sai]t la confiance».

    Le groupe France insoumise à l'Assemblée nationale a de son côté déposé ce 30 septembre une proposition de résolution en vue d’«une commission d’enquête relative aux dysfonctionnements et manquements relatifs à la gestion par les pouvoirs publics de l’incendie du site industriel Lubrizol à Rouen». «Amiante brûlée, dépôts de suie, nausées, aliments impropres à la consommation mais, selon le préfet, il n’y a pas de quoi être inquiets ! Alors pourquoi la police porte-t-elle des masques ?», s'interrogeait par exemple la députée insoumise Mathilde Panot le 28 septembre sur Twitter. «À Lille, la pluie dépose de la poussière noire et collante sur les Velux. Peut-on savoir de quoi il s’agit au juste ? Nous demandons une commission d’enquête sur l’incendie de l’usine Seveso Lubrizol de Rouen», ajoutait le lendemain le député du nord Adrien Quatennens, sur le même réseau social.

    «Une commission d'enquête parlementaire est indispensable», estimait également le 28 septembre Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et fondateur de Debout la France.

    Dans l'attente de nouvelles analyses, associations et organisations syndicales ont appelé à plusieurs rassemblements dans la ville de Rouen ce 1er octobre, afin de demander plus de transparence sur le dossier.

    Fabien Rives

     

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