• ⇒Jacquie & Michel, industriels du porno amateur

    ⇒Jacquie & Michel, industriels du porno amateur

    Le business florissant de Jacquie & Michel fonctionne sur un principe simple : des Français (hommes, femmes ou couples) frustrés ou insatiables, ceux que les spécialistes appellent hypo ou hypersexuels, sont exploités avec leur plein consentement (ils disent même « merci ») dans des vidéos à coûts de production et de visionnage réduits. Résultat : une marge insolente, due à des charges salariales quasi-nulles (vidéos sous-traitées), des tournages rapides, et surtout, une diffusion puissante. Jacquieetmicheltv.net se classe 232ème site français avec 300 000 visiteurs uniques par jour, plus le 308ème rang pour jacquieetmicheltv2.net. En 2012, le seul secteur vidéo de J&M faisait déjà 5 000 € de chiffre d’affaires par jour. Aujourd’hui, le groupe approche les 10 millions d’euros de CA annuel, englobant produits dérivés et diversification. En 15 ans, le petit site de photos coquines envoyées gratuitement par les libertins est devenu un requin qui a englouti tout le sexe amateur en ligne. Si les méthodes de production ont radicalement changé, l’illusion de proximité et de partage demeure, comme une marque de fabrique… qui s’éloigne de la réalité.

    Note de la rédaction

    Mécontent de la publication de cet article, Michel, de Jacquie & Michel, nous a demandé de le supprimer.

    Nous lui avons proposé de publier un droit de réponse, qu’il a refusé.

    Il a ensuite proféré des menaces directes à l’encontre de notre journaliste.

    Il va sans dire qu’E&R, dont la mission est d’informer, laissera cet article en ligne.

     

     

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    Audrey Lamy chez Hanouna : « Je suis complètement fan de Jacquie & Michel ! Et j’ai retrouvé une nana qui était à l’école avec moi. »

    « On fait vraiment du porno-réalité. Ca n’a rien à voir avec ce qu’on peut voir sur Canal+ le samedi et qui est très ennuyeux. » (Michel, interviewé par le magazine Chobix, le 30 août 2013)

    L’industrie du porno n’est même pas en crise, elle est moribonde. Le X classique, incarné par des producteurs comme Dorcel père et fils, n’a plus le vent en poupe. Les modes de consommation, initiés par les vidéoclubs et Canal+ dans les années 80, ont muté à la vitesse du haut débit. Désormais, le porno se consomme chez soi (ou au travail), sur son écran d’ordinateur ou de smartphone, en toute impunité. Devant la demande, devenue mondiale, l’offre a suivi, et des sites d’abord payants ont fini par proposer des vidéos gratuites (souvent volées) pour conserver leur flux de clientèle. Si au début des années 2000 une poignée de bidouilleurs gaulois pouvait encore vivoter du porno anar en ligne, aujourd’hui, ces amateurs ont disparu, écrasés par les masturbothèques multinationales américaines du type Xhamster, Pornhub ou Youporn.

     

    « Just porn, no bullshit »

     

    Pas de ligne éditoriale, de l’image, à foison, et pour tous les goûts, même les plus extrêmes (mamies édentées d’une demi-tonne). En France, patrie de l’érotisme, une certaine exigence qualitative héritée de notre littérature plane sur la production amateur, et en 10 ans, une des ces pousses est devenue un chêne : Jacquie & Michel, du nom de deux échangistes. Michel, prof devenu multimillionnaire qui paye désormais l’ISF, et sa compagne Jacquie. Ils ont fait de la France leur grand marché, et règnent aujourd’hui sur une nébuleuse d’entreprises qui fonctionnent à plein régime, dans une course mue par le dilemme : l’innovation, ou la mort. Ça, c’est la success story que conte la presse, qui enquête rarement sur un phénomène qu’elle trouve positif : le porno, entré dans les mœurs, est socialement valorisant, surtout quand il génère du cash. Et ce côté bonne franquette, proche, communautaire, cadre parfaitement avec la tendance du moment. Critiquer serait mal perçu, comme une atteinte à la liberté individuelle, celle de se masturber devant un écran, acte apolitique par excellence, ou de tourner dans un film X.

     

    J&M crée de l’emploi jeune (au black)

     

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    « Que ce soit en France, aux États-Unis ou en Suède, la constatation des associations, après avoir recueilli de nombreux témoignages est la même. Les milieux défavorisés fournissent un vivier de pauvres filles pour la prostitution et la pornographie. Très souvent victimes d’inceste et violées pendant l’enfance. Ou accrochées aux drogues. Or, constatent les associations, les victimes d’inceste ou de viols, les droguées ne sont pas prises en charge par la société pour bénéficier d’un traitement ou d’un processus d’aide. Elles sont alors directement manipulées par des souteneurs ou des producteurs, parfois dès la sortie des foyers. Elles sont récupérées de façon industrielle pour alimenter les productions bas de gamme en tout genre, jusqu’avec des dogues, des ânes, des chevaux. »
    (« L’envers du X », par Isabelle Sorente, dans la revue Blast en 2002)

     

    J&M attire aussi ces filles ignorantes ou perdues, qui viennent apparemment de leur plein gré. Pourtant, on ne fait pas « l’amour » devant une caméra comme on retire ses chaussures. On ne participe pas à un gang bang sans avoir été prédisposé à une telle déchéance morale et physique par une agression sexuelle dans une vie antérieure. L’hypersexualité est une pathologie à part entière, mal admise dans les pays latins, où la pratique, même débordante ou psychologiquement destructrice, est valorisée par le corps social. Ce fut longtemps le cas des hommes (des « dom Juan »), c’est aujourd’hui le tour des femmes. Pourquoi s’en prendre au corps débridé, à l’amour libre, au goût transgressif du X ? Parce que cette pulsion malsaine est exploitée depuis la naissance de l’image animée.

     

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    Adieu coupes glamour,
    bonjour tondeuse à gazon

     

    Les productions léchées des années 70 ou les pornos « Dynasty » des années 80 ont été remplacés par le gonzo et sa myriade de sous-genres, ce plan séquence en caméra épaule qui ne coûte pratiquement rien. Si les Américains ont depuis toujours professionnalisé cette industrie, notamment par le biais de la mafia qui a investi (dans) le secteur, la France montre de nettes particularités locales. Initié par Laetitia dans les années 90, star des VHS à 500 francs (75 € !) produites à Montpellier, le X amateur construit son succès sur le bénévolat des participants, hommes et femmes, et la notion d’échange… de bons procédés. La frustration ou le désir de l’un collant à celui de l’autre, la rencontre produit un soulagement commun très promotionnel. Simple application du principe de l’offre et de la demande, appliqué au monde du sexe. Laetitia ou le premier service sexuel « p to p ».

     

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    « Que reste-t-il de ses années passées dans le Languedoc ? On devrait le savoir dans ses mémoires, qu’elle "écrit seule, sans l’aide de personne". On la sentirait presque pudique. Comme lorsqu’elle parle de son fils ("le seul sujet qui puisse vraiment m’atteindre"), qui apprit à l’âge de 9 ans, dans la cour d’école, de camarades forcément cruels, la profession de sa maman. Cette année, en classe de troisième, il n’a pas hésité à remplir la fiche de renseignements ainsi : "Profession de la mère : réalisatrice de films X". Et assume aussi bien qu’elle. "Je suis forte et bien dans mes baskets", jure l’amatrice d’escarpins. »
    (Extrait du Midi libre du 18 février 2012)

    « C’est la machine à cash en ce moment. C’est le site majeur du pro-am (professionnel-amateur, ndlr). C’est un site qui est relativement mal fait mais volontairement parce qu’en fait, c’est très professionnel. Le principe c’est que n’importe qui peut faire sa scène X très très rapidement. Et se retrouver en ligne très très rapidement. Jacquie & Michel, c’est le nouveau business model. En 5 jours, les scènes sont rentabilisées. Du jour au lendemain, vous tournez pour eux, du jour au lendemain vous avez 1 500 000 vues. Mais, du jour au lendemain, vous êtes tricard dans votre village. Et dans votre département, tout le monde vous connaît ! Alors effectivement, vous vouliez votre moment de gloire. Mais est-ce que vous le vouliez dans ces conditions-là ? Ça, c’est le piège. Il y a a toujours un piège. » (Dimitri Largo, journaliste au mensuel Hot Vidéo, le 25 mars 2014)

    Même instinct de l’exploitation des frustrations chez Jean-Luc Delarue, devant qui 10 000 Français modestes et ignorants ont défilé en 20 ans pour se faire télé-analyser. Avec les résultats que l’on sait, c’est-à-dire souvent le regret (personnel) et la honte (sociale) d’après diffusion. Personne ou presque ne demandant à être payé par ces récupérateurs de la misère psychologique ou sexuelle, des bataillons de travailleurs forcés (… par leurs propres fantasmes) se sont précipités pour exister à la télé, et exhiber leurs plaies, leurs douleurs. Un dégueulis de bas étage, d’où rien de bon n’est jamais sorti pour les intéressés, à part une fugace gratification d’ego. À l’inverse, pour un public voyeuriste et les organisateurs de tels dispositifs, du juteux à peu de frais !

     

    Trou du culture

     

    Laetitia se livrait corps et âme en filmant et en jouant avec des couples amateurs. Le don de soi d’une sainte. Aujourd’hui, à 50 ans passés, elle est contrainte de tourner dans des « live shows » pour vivre. Les hélicos des Hots d’Or à Cannes semblent bien loin. Mais son business n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Le bénévolat sexuel, un matériau de base (sans jeu de mot) inépuisable, le besoin pathologique d’exhibition ne connaissant pas de limites. Imaginez un cinéma français où les acteurs seraient quasi gratuits, la réalisation confiée à des cadreurs alcooliques qui se rêvent en Kubrick (cul brique), le montage à des rebuts du métier, pour un public avide de sensations renouvelées quotidiennement. C’est ce que propose la nébuleuse des sites J&M, qui se sont adaptés à la demande contemporaine avec une vitesse et une acuité extraordinaires. En face, le porno brillant et formaté des tradi s’enfonçant dans la crise, le tarif du X vendu aux chaînes Canal/CanalSat ou TPS (avant que la chaîne du groupe TF1 ne soit avalée par le groupe Canal+) chutant vertigineusement à moins de 3000 euros pour une multidiffusion (contre 30 à 100 000€ sur Canal).

     

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    Scorsese peut aller se rhabiller

     

    Depuis 2007, la formule gagnante consiste à offrir chaque jour aux amateurs de sexe une nouvelle vidéo (10 par semaine) peu regardante sur les protagonistes, scénarisée en deux lignes (de coke), tournée dans une chambre d’hôtel ou un lieu reconnaissable (une preuve de proximité, la ville de Nîmes étant par exemple devenue un véritable nid à tournages), montée en 24 heures et mise en ligne dans la foulée. Du frais, du consommable, et du jetable : aux suivants de grimper sur la chaîne de prod qui ne s’arrête jamais ! Avant cette mécanique infernale, seules les nombreuses contributions photos et les quelques vidéos véritablement « amateur » des habitués alimentaient le site encore gratuit J&M. Côté consommateurs, il suffit d’appâter le poisson en lâchant quelques minutes gratuites (entre 3 et 8), et proposer le tournage entier (ne dépassant pas une heure) pour 2 euros seulement, avec un appel Allopass (qui sécurise les données) ou à un 08 99 à 1,34 € plus 0,34 € la minute. Soit entre 4 et 5 € la vidéo, et même si une majorité du million de curieux journaliers ne consulte que les parties gratuites, les fans accros en téléchargent une par jour. Pour ces gourmands, J&M prévoit l’abonnement de 30 jours à 29,95 € seulement. Soit le tarif de l’abonnement promotionnel à Canal+/CanalSat.

     

    Retour à l’animalité

     

    Certes, une partie des « vraies femmes » de J&M sont rémunérées (de 100 à 500 euros cash le tournage) pour leurs exploits devant la caméra, mais beaucoup de couples se donnent littéralement en spectacle, mus par la baisse de leur désir réciproque, que les thérapeutes nomment impuissance, masculine ou féminine. La transgression de l’intimité étant suffisamment forte pour faire figure, un temps, de nouveau carburant pour les partenaires en question. Attention, nous ne condamnons pas les particularités sexuelles – chacun prenant son plaisir comme il le peut, dans les limites de la loi et du respect humain – mais le fait de jeter son intimité en pâture aux voyeurs relève plus du domaine de la pathologie relationnelle que de l’épanouissement personnel. Ceux qui font l’amour devant les autres ou qui regardent les autres faire l’amour, brisent l’intimité qui a fait notre civilisation : se prenant pour Celui qui voit tout (ce qui est caché), ils retournent en réalité à l’animal. Car même Dieu détourne le regard devant l’amour entre l’Homme et la Femme. Si toute transgression est jouissive, il n’y a pas de retour en arrière. Plutôt une fuite en avant.

     

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    « Le réservoir à paumés et à déchets sociaux est disponible, à la merci des fantasmes érigés en loi. Ce n’est pas la matière première qui manque. »
    (Isabelle Sorente, revue Blast, septembre 2002)

     

    Merci (?) Jacquie et Michel 

     

    Manipulés par leurs pulsions, les captifs inconscients mais souriants de J&M cèdent leur bien le plus précieux pour une bouchée de pain et une gloriole (15 minutes de célébrité) qui se retourne parfois contre eux. Le besoin d’argent, pour ceux qui sont rémunérés, peut avoir un coût social caché à la fois amer et durable. Si certaines jeunes femmes de 18 ans sont fières de tourner pour J&M, elles ne possèdent pas l’intellect nécessaire pour évaluer les conséquences sur leur vie professionnelle, familiale et même amoureuse, d’une telle décision. Une ex-hardeuse célèbre nous a confié la difficulté d’élever sa fille dans un contexte Internet où cette dernière tomberait immanquablement – sinon ses camarades d’école – sur les vidéos de sa maman. Le choc entre l’image merveilleuse de la mère pour l’enfant et la scène pornographique quasi publique, malgré le filtrage hypocrite du « j’ai plus de 18 ans j’entre », devrait actionner la raison des candidates à la prostitution filmée.

     

    Comment fabriquer de l’Authentique

    « Les nanas aseptisées, le cul trop lisse, le silicone et le botox, ce n’est vraiment pas notre truc. Chez nous les filles font ça vraiment par plaisir. Ce qu’on veut c’est de l’authentique, des situations vraies, qui ne soient pas bidonnées. On veut que le spectateur qui regarde nos scènes ait l’impression de faire partie de la bande, d’être un de nos acolytes. […] Je crois qu’on a un peu réinventé le porno. Les films scénarisés c’est devenu ennuyeux, et nous on a fait quelque chose de complètement différent. On a commencé à filmer la voisine. » (Michel, Chobix, août 2013)

    Un an et demi plus tard, le 21 janvier 2015, Thibault, le responsable de la communication du groupe J&M, répond à une question du magazine LUI :

    « Comment s’est déroulé le passage de simples “vidéos amateurs” au véritable business ?

    – Au départ, sur le même modèle que pour le site de photos, tout un chacun pouvait poster sa vidéo, sa sextape. L’iPhone n’était même pas sorti. Les connexions peu satisfaisantes. Et la qualité des caméscopes franchement passable. Michel prend alors une décision, passer derrière la caméra, investir dans du bon matériel. Finies donc les sextapes, place à un semi-professionnalisme. […] Aujourd’hui, on compte une dizaine de réalisateurs qui parcourent la France pour tourner les quelques 500 vidéos postées par an. Nous sommes leaders européens en quantité de production. Nous n’avons pas de réalisateurs attitrés sinon quelques réguliers, et des nouveaux sont testés régulièrement. C’est vraiment très professionnel maintenant, nous nous adaptons à la demande. »

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    Cédric et Jade ou le X épanoui (photo LUI)

     

    En réalité, on ne peut pas faire face à une demande soutenue en ne comptant que sur les véritables amateurs, dont la participation est insuffisante (une part décroissante du contenu), et aléatoire : entre le fantasme et la réalité du passage à l’acte devant une équipe de tournage, il y a un gouffre. Que tout le monde ne franchit pas, heureusement.

    Dès le début des années 2000, sur le Net coquin, les soi-disant voisines n‘étaient déjà plus que des professionnelles ou semi-professionnelles du X transplantées dans un appartement loué ou prêté. La fabrique de proximité et d’authentique remplaçait l’usine à rêve humide des filles inaccessibles et chirurgicalisées des prods classiques. Aujourd’hui, crise et concurrence obligent, on y revient presque naturellement, même si la serveuse de pizzeria grivoise fait encore fantasmer les amateurs… d’amateurisme. Le secteur n’échappe pas à la concentration et à la rationalisation ultralibérale. C’est pourtant sur le rejet de cette « inhumanité » que se fonde le lien entre les membres de la communauté J&M, une sorte de résistance gauloise à l’envahisseur, une qualité France contre l’envahisseur, le sexe OGM d’Outre-atlantique. Stephen des Aulnois, du Tag Parfait, le dit très bien dans son article intitulé « Le Bon Coin du porn » :

    « Tout dans le champ sémantique que propose le site est de l’ordre du soutien, de la confrérie et du partage d’une culture commune. Jacquie & Michel est là pour les internautes, pour les mettre en relation, les guider et leur fournir un contenu exclusif et toujours amateur. On voit ici le terme de “sexe réalité” être employé, comme un majeur tendu vers les gros studios (américains) qui vendent du chichi et du siliconé. »

    Les 3B : Belles-mères, Beurettes et Blondes (à gros seins)

     

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    Le magazinne, d’un ni-veau éditaurial de qalitée, une foi lu, serre aussi d’essuitou

    « Sur le site, dès que c’est authentique, ça marche forcément. Après, il y a quand même des types de filles précis qui fonctionnent particulièrement : d’abord les beurettes, et encore plus d’ailleurs si elles ont au moins la trentaine. Et sinon, on n’a rien inventé, ce qui marche c’est la blonde de 40 ans avec des gros seins. Ca, ça marche très fort, le fantasme de la bourgeoise de 40 ans… » (Michel dans Chobix en 2013)

    Faire passer la médiocrité abyssale de la réalisation pour de l’authentique non scénarisé, voilà le tour de force de Michel, qui n’aurait pas pu payer l’ISF avec les seules contributions des membres historiques du site. Une espèce de label bio du X « made in France profonde » qui plaît, au croisement du renouveau politique nationaliste et de l’essor de la production de proximité (AMAP) : le circuit court entre le producteur et le consommateur ! Là, c’est le consommateur qui se produit presque tout seul, avec J&M en facilitateur au centre du processus. Un service branché, utile et agréable.

    En réalité, un business lourd qui nécessite une excellente organisation, basée sur un nombre croissant de sociétés... L’argent généré par toutes les activités de cette branche ne pouvant être réinvesti totalement dans des produits cheap, malgré les efforts récents de mise aux normes des lois du travail. Le très vague statut amateur, qui se rapproche du bénévolat, quelle aubaine ! Aujourd’hui, la marque J&M se décline sur tous supports et produits possibles : tube de l’été, tee-shirts, magazine (10 000 ventes à 9,90 € dès le premier numéro à l’été 2013), guest-stars du rap (très vendeur dans les cités) et du cinéma (JoeyStarr), buzz dans les médias dominants et les stades, site de rencontres, tournées en boîte de nuit, webcams et visiochat, magasin en ligne, sans oublier le réseau social à venir…

     

    Il est où, le cocu ?

    « L’industrie du porno va mal. Elle souffre des « tubes » qui volent les vidéos de producteurs. À peine vous mettez une vidéo en ligne, que vous avez payée (caméraman, éclairage, acteurs, monteur et ainsi de suite) que quelques minutes après, elle se retrouve gratuitement sur ces sites. » (Thibault, dircom de J&M, au mensuel LUI)

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    Misère de Jacquie & Michel :
    le site Success-stories.fr du 21 avril 2015 annonce que J&M n’est pas rentable, à cause du tarif très bas (2 €) de ses vidéos. Avec 12 millions de visiteurs uniques par mois, 15 CDI et 50 collaborateurs…

     

    Étonnant, de la part de ceux qui ont assis leur succès sur la générosité et le don de soi des libertins… Les limites du partage… J&M reçoit en moyenne chaque jour 150 demandes de participation masculine, contre cinq de couples et de femmes qui elles donneront lieu à une douzaine de tournages par mois. Les deux tiers restants à la charge de la structure 100% professionnelle J&M. 

    Il y a donc travail, rémunéré (en droits d’auteur principalement pour les participants), mais pour les couples amateurs qui gagnent leur ticket pour la gloire (250 € la scène, deux scènes par jour, et un shooting photo pour finir, soit 700 €), il s’agit surtout de signer l’autorisation de diffusion et la cession des droits sur tous les produits dérivés et supports possibles.

    PornEverest, le dernier bébé du couple, est un croisement entre Netflix et Pornhub. Adieu proximité franchouillarde, et bonjour américanisation du process industriel avec voisines bidons aux seins siliconés. À l’image des hommes politiques qui prônent la proximité pour mieux entuber leurs électeurs !

     

     

    La vidéo, une fois finie, est destinée au site J&M, à ses 30 satellites plus d’autres plates-formes de sexe en ligne. La production vidéo se formate donc toute seule sous l’effet de sa multiplication, la concurrence se mettant à copier le business model gagnant : il n’y a plus grande différence entre les contenus des uns et des autres. Seule l’illusion du « fait maison » demeure. Un atout incomparable.

    Côté usine interne, après les tâtonnements des débuts, c’est la rencontre avec Abel qui va changer Michel (le vrai décideur) de galaxie : la production de vidéos s’organise sur une base rationnelle, l’amateurisme disparaît, les tournages s’accélèrent, et la rentabilité explose. L’argent coule à flots, qu’il faut soit réinvestir, soit défiscaliser.

     

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    Merci de la part de Jacquie & Michel !

     

    Des cadreurs surnommés pompeusement réalisateurs tournent désormais pour J&M, obligeant le groupe à une certaine visibilité, qui n’est pas sa tasse de thé. Mais la croissance des sociétés, en nombre et en poids, facturant entre elles comme dans une holding, la terreur de la fiche de paye (ne parlons même pas de CDI pour les « ouvrières » du sexe), va sans doute achever de normaliser la chaîne productive.

    Le besoin matériel, autant que le désir (pur ou impur), incite de plus en plus de femmes (les hommes seuls ne sont pas vendeurs… mais acheteurs sur J&M) à tenter l’aventure de l’amateurisme très professionnalisé de J&M, mettant le pied dans un circuit relativement incontrôlable et dangereux, en termes d’image. D’où l’importance de la sympathie générée par le slogan communautaire « Merci Jacquie & Michel », destiné à tranquilliser ceux qui violent leur propre l’intimité. Intimité violée, le nom d’une série de vidéos de Laetitia.

    voir également les conséquences de ces sites:

    ⇒Proxénétisme des cités : L’inquiétant profil des jeunes adolescentes qui jouent les « escortes »

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    « ⇒Proxénétisme des cités : L’inquiétant profil des jeunes adolescentes qui jouent les « escortes »⇒Les principales divulgations à venir en juillet, selon David Wilcock »

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